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COE CC: Tour d'horizon
From
Sheila MESA <[email protected]>
Date
19 Sep 1997 08:59:54
Conseil oecum�nique des Eglises
Communiqu� de presse
Pour publication imm�diate
Le 19 septembre 1997
COMITE CENTRAL Tour d'horizon
GEN VE: DERNI RE ETAPE AVANT L'ASSEMBL�E DE HARARE EN 1998,
LE COMIT� CENTRAL DU CONSEIL OECUM�NIQUE DES EGLISES A
ACHEV� SES TRAVAUX
Partie d'Amsterdam en 1948, la folle �quip�e du Conseil oecum�nique
des Eglises (COE) poursuit sa route. R�unissant dans un m�me sillage
des mouvements aussi diff�rents que Foi et constitution et le
Christianisme pratique - auxquels se sont joints, au fil du temps, bien
d'autres composantes historiques du mouvement oecum�nique - le
navire COE commence � entrevoir les lueurs de sa prochaine escale,
Harare. Du 3 au 14 d�cembre 1998, la capitale du Zimbabwe accueillera
la prochaine Assembl�e et viendra s'ajouter � la liste des pr�c�dentes
escales dont les noms �vocateurs rappellent quelques unes des
avanc�es d�cisives de la longue marche vers l'unit�: Evanston,
New-Delhi, Uppsala, Nairobi, Vancouver, Canberra.
Harare ne sera pourtant pas une escale tout � fait ordinaire. Apr�s
cinquante ans d'un p�riple d�j� mythique, le COE a besoin d'un s�rieux
car�nage. L'usure du temps, la charge utile qui n'a cess� de s'alourdir, la
diminution des ressources qui limite les capacit�s de manoeuvre,
ajout�es � une �vidente crise de maturit�, constituent autant de raisons
qui font envisager une s�rieuse r�vision des structures du navire. Sans
compter cette lancinante interrogation sur sa vocation et sa mission qui a
tendance � ralentir la marche vers le cap d'une lointaine mais tant
esp�r�e koinonia. On ne sort pas indemne d'un demi-si�cle d'une
croisi�re qui contourna bien des r�cifs et d t essuyer de m�morables
temp�tes. Lourde t�che, dans ces conditions, pour un Comit� central du
COE r�uni � Gen�ve, du 11 au 19 septembre, � qui il revenait de pr�voir
les derni�res manoeuvres qui doivent conduire le vaisseau � bon port.
"A l'heure o� les Eglises cherchent � discerner ensemble les promesses
et les d�fis d'un nouveau si�cle et d'un nouveau mill�naire, le COE
traverse une p�riode d'incertitude. Le mouvement oecum�nique est en
train de s'affaiblir, la distance grandit entre le COE et ses Eglises
membres, et la jeune g�n�ration estime que l'oecum�nisme a perdu de sa
vitalit�." Relativement pessimistes, ces propos ne viennent pas de la
bouche d'un observateur critique du mouvement oecum�nique. Ils
figurent en bonne place dans le document qui aura �t� au centre des
discussions de cette 48e session du Comit� central: "Vers une
conception et une vision communes du COE." (Document d�sign� par la
suite "CVC"). Fruit d'une longue r�flexion inaugur�e en 1989, ce
document contient l'esquisse de la future charte que le COE souhaite
offrir au mouvement oecum�nique � l'occasion de son cinquantenaire. La
premi�re version r�ellement �labor�e du document CVC avait �t�
adopt�e, en 1996, par le Comit� central puis soumis � l'appr�ciation des
Eglises et des organisations oecum�niques partenaires.
Premier �l�ment positif, plus de cent cinquante r�actions et propositions
d'amendements d'origines les plus diverses sont parvenues � Gen�ve,
permettant ainsi qu'une deuxi�me mouture, nettement am�lior�e par
rapport � la premi�re, soit pr�sent�e � nouveau au Comit� central de
cette ann�e.
Par rapport � sa pr�c�dente version, "CVC" a d abord chang� de forme.
Document unique � l origine, il se pr�sente aujourd hui en deux textes
distincts. Le premier a valeur de "d�claration". Ayant une certaine
autonomie par rapport au second, plus court, il pourra �tre publi� et
utilis� � part, notamment dans un cadre cultuel. R�dig� dans un style
volontairement imag�, pr�sentant un caract�re solennel, ce projet de
d�claration est intitul� "Notre vision commune" et comprend trois parties:
notre affirmation, notre objectif, notre engagement. La troisi�me partie
commence ainsi: "Nous affirmons que ce qui nous unit est plus fort que
ce qui nous s�pare... Ni nos �checs ni nos incertitudes n ont entam�
notre volont� de poursuivre notre cheminement commun vers l unit�..."
Pour l'essentiel, cette d�claration reprend le contenu du pr�ambule du
document d'origine. Sa version d�finitive sera soumise, l'an prochain, au
Comit� ex�cutif pour �tre disponible avant l'Assembl�e.
Le deuxi�me document, comprenant une vingtaine de pages, reprend les
principaux �l�ments de la premi�re mouture, enrichie des r�actions des
Eglises. A l aube du prochain mill�naire, l objectif est de red�finir la
conception du COE � partir des cinquante ann�es d exp�riences sans
pour autant revenir sur l essentiel des acquis qui ont marqu�s les
grandes �tapes du mouvement oecum�nique.
Par rapport � la premi�re version, celle-ci insiste sur la dimension
missionnaire du Conseil et sur la diversit� de la compr�hension du
concept d'oecum�nisme (l'essentiel du deuxi�me chapitre est consacr� �
la signification du terme "oecum�nique"). Le chapitre I s'est vu renforcer
d'une r�flexion approfondie sur le ph�nom�ne de mondialisation et de
globalisation en tant que d�fi pos� au mouvement oecum�nique. Le
chapitre III est consacr� � la conception que le COE a de lui-m�me et
reprend la probl�matique: "Le COE est plus qu'une simple association
d'Eglises sans pour autant �tre une super-Eglise." Il insiste �galement sur
la signification et les implications de l'appartenance au Conseil en
reprenant les conclusions �nonc�es sur ce point par le pr�c�dent Comit�
central. Le dernier et quatri�me chapitre a re�u peu de changements. Il
traite des relations avec les partenaires du mouvement oecum�nique, les
Eglises non membres du Conseil et les autres organisations
oecum�niques.
Second �l�ment positif, les r�actions du Comit� central � cette nouvelle
mouture de "Vers une conception et une vision communes du COE" ont
�t�, dans l'ensemble, relativement favorables. Un certain nombre de
modifications ont n�anmoins �t� demand�es pour dissiper quelques
ambigu�t�s concernant le caract�re novateur de ce texte par rapport aux
d�clarations pr�c�dentes. La version r�vis�e sera soumise � son tour �
l'Assembl�e d'Harare et prendra alors la valeur de "charte oecum�nique"
pour le XXIe si�cle.
Men� parall�lement � la r�flexion sur une "conception et une vision
commune (CVC)", le projet de r�forme de structures du COE commence,
lui aussi, � prendre forme. Consign� dans trois
documents (6.3, 6.4 et 6.6) distincts du projet de d�claration d'orientation
g�n�rale, ce projet de r�forme laisse entrevoir les grandes lignes de
l'architecture du futur COE.
A quels changements majeurs faut-il s'attendre une fois cette r�forme
mise en place? Pour l'instant, la r�ponse ne peut �tre qu' interrogative.
Les modifications de structures sont ind�niables et entra�neront un
certain nombre de changements, tant sur le plan administratif et
institutionnel que sur le plan des m�thodes de travail. Mais l'impression
d'une relative continuit� appara�t tout autant que ce qu'on peut imaginer
comme �volutions possibles. D'aucuns parleront de continuit� dans le
changement. Les artisans de la r�forme eux-m�mes ne se cachent pas
d'avoir volontairement veiller � une certaine continuit�: "Se conformant
aux orientations qui se d�gagent du processus "CVC", la structure
propos�e n'apporte aucun changement majeur aux fonctions et aux buts
du COE. Le but du COE, tel qu'il est �nonc� dans la base, reste
inchang�."
R�sum� en quelques mots le projet de r�forme pr�voit qu'� un syst�me
fonctionnant en unit�s et en commissions r�parties en plusieurs entit�s
administratives, se substitue un mod�le reposant sur des �quipes
associ�es au sein de diff�rents groupes et int�gr�es dans un seul
ensemble administratif. Les quatre unit�s (en fait cinq avec le secr�tariat
g�n�ral) laisseraient donc la place � quatre groupes dot�s de champs
d'actions particulier, l�g�rement diff�rents de ceux des anciennes
unit�s.Sur le plan institutionnel, la continuit� c�toie, l�-aussi, le
changement. Le r�le des pr�sidents, qui devraient �tre au nombre de
huit, est l�g�rement revu � la baisse dans la mesure o� il est bien pr�cis�
qu'ils " ne devraient pas participer aux processus normaux de prise de
d�cisions". Ils ne seront plus �lus par l'Assembl�e et se verront confier
des t�ches de repr�sentation dans leurs r�gions d'origine.
Le Comit� central ne devrait pas subir de changement important et
conservera ses fonctions d�lib�rantes, en tant qu'habilit� � d�cider des
principales orientations du COE. Simplement, il sera demand� aux Eglises
de participer plus directement � l'�laboration de son ordre du jour. Le
Comit� ex�cutif demeurerait dans le futur organigramme du Conseil: Son
r�le pourrait �tre renforc�: "il devrait �tre consid�r� comme l'organe
charg� de surveiller et de suivre les programmes et les activit�s en
cours du COE, notamment en d�terminant les priorit�s concernant
l'attribution des ressources."
Parall�lement, un "Comit� du programme" serait institu� et remplacerait
les actuels Comit�s d'unit�. Compos� essentiellement de membres du
Comit� central, il se r�unirait lors de ses sessions. Son r�le serait de
conseiller le Comit� central et consisterait � pr�parer les d�cisions
d'orientation g�n�rale.
Reste le fameux "Forum" qui, pour l'instant, a fait couler plus d'encre qu'il
n'a fait l'objet de propositions concr�tes. Pour la premi�re fois, un
document officiel du COE est consacr� � l'�tat de la question. Dans ses
conclusions, ce document (6.6) fait la recommandation au Comit� central
de lancer une proc�dure de consultation aupr�s des Eglises et de tous
les partenaires �ventuellement int�ress�s par ce projet de nouveau lieu
d'�changes et de rencontres entre toutes les composantes que compte
aujourd'hui le mouvement oecum�nique. Seules, les r�ponses � cette
consultation seront en mesure de pr�ciser les contours d'un projet qui,
pour le moment, a suscit� autant de r�actions positives que n�gatives.
Certains redoutent qu'une institution suppl�mentaire - m�me informelle -
ne vienne porter ombrage aux activit�s propres du COE. D'autres voient
dans l'id�e de ce Forum, lanc� par Konrad Raiser en 1994, la possibilit�
de se doter d'un instrument de transition destin� � faciliter la participation
des Eglises non-membres du COE - l'Eglise catholique romaine en premier
lieu - � un dialogue oecum�nique �largi � l'ensemble des confessions
chr�tiennes. A noter que, dans sa r�ponse � la consultation sur le CVC,
le Conseil pontifical pour l'Unit� des chr�tiens a express�ment approuv�
le projet de cr�ation d'un tel Forum. C'est probablement ce feu vert donn�
par Rome qui a d�cid� les responsables du Conseil � faire une
proposition positive au Comit� central. Il est bien �vident que le d�tail de
l'organisation et du statut de ce futur Forum oecum�nique reste �
discuter avec l'ensemble des partenaires int�ress�s.
Il ne faut pas s'attendre � trouver dans les diff�rents documents "CVC"
une d�finition exhaustive et pr�cise du COE. Apr�s cinquante ans
d existence, on n a pas fini de s interroger sur sa mission et sa vocation.
Et donc sur la d�finition qu il peut avoir de lui-m�me. Pour le catholicos
arm�nien de Cilicie, Aram Ier, actuel pr�sident de son Comit� central, la
r�ponse � cette question n a de sens que si elle est pos�e de pair avec
une interrogation sur l Eglise. "Pouvons-nous parler du mouvement
oecum�nique sans parler de l Eglise? Pouvons-nous tracer une ligne de
d�marcation entre ce que l on appelle la r�alit� oecum�nique et la r�alit�
eccl�siale?" Trente ann�es d engagement au sein du mouvement
oecum�nique font dire � Aram Ier, qu � ses yeux, l un des r�les
principaux du mouvement oecum�nique consiste � "mettre les Eglises en
demeure de d�finir ce que signifie "�tre une Eglise "dans le monde
actuel".
Le COE doit-il devenir un simple "forum" o� les Eglises se retrouvent
entre elles pour d�battre de telle ou telle question avant d en donner
publiquement un avis? Est-il est-il une communion - m�me imparfaite -
d Eglises? Doit-il �tre un Conseil d Eglises ou encore un lieu d �changes
entre d une part des Eglises et, d autre part, des mouvements et des
organisations?
Le COE est-il �galement une institution charg�e de g�rer des structures
et des programmes mis en place par ses Eglises membres? A-t-il encore
pour seule vocation la recherche de l unit� visible? Et si, tout compte fait,
le COE �tait un organisme qui convient beaucoup mieux aux protestants
occidentaux qu aux orthodoxes orientaux? Cette derni�re question a le
m�rite de la franchise et de la clart�. Pour sa part, le catholicos arm�nien
estime que "nous n �chapperons pas � la r�alit� que constitue la majorit�
protestante face � la minorit� orthodoxe". Et d'ajouter : "Nous ne devrions
jamais tenter d imposer au nom de la d�mocratie une solution approuv�e
par une majorit� lorsqu il s agit de questions sensibles et d�cisives." La
recherche du consensus ne devrait plus figurer au magasin des
accessoires de l oecum�nisme.
Autant de questions, autant de r�ponses nuanc�es, enracin�es dans ce
qui, depuis un demi-si�cle, constitue la raison d �tre du COE, quelles que
soient les d�finitions que l on puisse proposer � son �gard: la d�cision
toute simple de "demeurer ensemble" prise par des Eglises de
confessions et de cultures diff�rentes que tout unit et rapproche � la
fois. Pour Sa Saintet� Aram Ier, une chose est s re: "La raison d �tre du
COE est une vision qui d�passe les limites du Conseil. Nous devons donc
le restructurer pour en faire quelque chose de flexible, d adaptable, un
organisme capable de r�agir aux changements."
D'ores et d�j�, on peut affirmer que la d�cision de "demeurer ensemble"
constitue l'un des points forts du message que le COE compte d�livrer �
Harare. C'est, plus exactement, une d�cision de r�engagement de
demeurer ensemble qui sera demand�e solennellement � chaque Eglises
au moment o� le Conseil f�tera son premier jubil�: cinquante ann�es - ou,
plus exactement, sept fois sept ans selon la tradition biblique - durant
lesquelles trois cent trente deux Eglises (chiffre de 1997) ont fait route
ensemble, pour le meilleur et, parfois, le pire. Malgr� les difficult�s qui
n'ont pas manqu�, les d�fections ont �t� rares, la derni�re en date �tant,
au cours de l'ann�e 1997, celle de l'Eglises orthodoxe de G�orgie.
La notion de jubil� tire ses racines de la Bible et plus particuli�rement de
l'Ancien Testament. Lors du jubil�, le L�vitique pr�voit une s�rie de
mesures allant toutes dans le m�me sens: celui de la remise en libert�, de
la remise de dettes ou d impay�s, de la remise des peines et des
sanctions. Bien que rarement appliqu�es au pied de la lettre, ces
recommandations jubilaires n en restent pas moins symboliques de
l esprit biblique appelant � la compassion, au pardon et � la r�conciliation.
Une probl�matique particuli�rement adapt�e pour comm�morer la cr�ation
du Conseil: appliqu�e � l'oecum�nisme, le jubil� �voque le m�me appel �
la r�conciliation, � l oubli des querelles et des anath�mes, � l effacement
des exclusions et des excommunications de toutes sortes.
C est officiellement le Conseil des Eglises du Zimbabwe (ZCC) qui
accueillera, en 1998, la 8e Assembl�e du COE. Mettant � contribution
l ensemble de ses Eglises membres, le Conseil des Eglises du Zimbabwe
se pr�pare � accueillir pr�s de 4000 personnes (dont pr�s de 1000
d�l�gu�es) pour 12 jours de jubil� oecum�nique.
En lien �troit avec le COE, les responsables du ZCC travaillent en
collaboration officielle avec les autorit�s du Zimbabwe pour les
pr�paratifs de l Assembl�e. Le minist�re de l Education nationale a �t�
plus particuli�rement mis � contribution puisque c est l universit� d Harare
qui, profitant d une p�riode de cong�s universitaires, mettra ses locaux �
la disposition de l Assembl�e et de ses participants venus du monde
entier.
C est en fait toute l Afrique qui accueillera l Assembl�e. Au del� du choix
d un pays, le choix d un continent, surtout � l occasion du jubil�, n est pas
sans signification. M�me si les quatre autres continents de la plan�te
auraient pu revendiquer l�gitimement le droit de se poser en h�te, le
choix �tant fait, il convenait de lui donner toute sa valeur symbolique. N�
sur la vieille Europe, le COE peut s enorgueillir d �tre aujourd hui tr�s
pr�sent dans cette partie du monde - l h�misph�re Sud - o� la majorit�
des Eglises chr�tiennes sont d implantation r�cente. C est aussi de ces
m�mes r�gions que proviennent la majorit� des Eglises qui, chaque
ann�e, rejoignent le COE. En t�moignent les nouvelles Eglises (ou
Conseils d Eglises) qui, � l occasion de cette 48e session du Comit�
central, ont �t� admises comme membres du Conseil: les pays
repr�sent�s sont la Papouasie-Nouvelle-Guin�e, les Iles Salomon,
l Argentine et le Congo.
C'est bien �videmment � Harare que la c�l�bration du jubil� du COE se
fera la plus bruyante et la plus joyeuse. Mais il aurait �t� dommage de ne
rien pr�voir � Amsterdam. C est maintenant chose pr�vue: profitant d un
changement de date de l Assembl�e initialement programm�e en
septembre, l id�e s est faite jour d �taler sur plusieurs mois le temps de
c�l�bration du cinquantenaire. Et d inaugurer ce temps � Amsterdam, les
19 et 20 septembre, par deux journ�es de manifestations diverses, � la
fois cultuelles, culturelles et festives.
Le 19 septembre 1998, un culte de c�l�bration pourrait avoir lieu dans
l une des plus anciennes paroisses d Amsterdam tandis que, le
lendemain, une autre c�r�monie se tiendrait � l invitation d une des
nombreuses communaut�s Noires de la ville pour t�moigner de la
diversit� des Eglises aujourd hui repr�sent�es au COE. Sans vouloir faire
de l ombre aux festivit�s pr�vues � Harare, ces journ�es d Amsterdam
se feraient en pr�sence des responsables d Eglises d Europe - et
�ventuellement d autres continents - dans le but de donner une certaine
solennit� au r�engagement oecum�nique auquel ces Eglises sont
appel�es � cette occasion. Pour prendre le relais d Amsterdam, toutes
les Eglises qui le souhaitent sont invit�es � organiser � leur tour, entre
septembre et d�cembre 98, des c�r�monies du cinquantenaire sous
quelques formes que ce soient.
Le th�me propre � l Assembl�e - "Tournons-nous vers Dieu dans la joie
de l esp�rance" - se veut lui aussi proche de l esprit du jubil�. Se tourner
vers Dieu est un acte de m�moire: ce que Dieu a fait en son temps pour
son peuple, il convient de le faire aujourd hui pour son prochain comme
pour son lointain. En retour, ce d�tour vers le Dieu de la Bible inspire
repentance et r�conciliation. Quant � la joie et � l esp�rance, ne
sont-elles pas les deux principales vertus cardinales du mouvement
oecum�nique?
R�apparue au grand jour en 1995, la crise financi�re du COE se montre
aujourd hui sous des perspectives moins sombres qu il y a encore
quelques mois. Parmi les signes qui t�moignent de cette relative embellie,
le rapport du secr�taire g�n�ral pr�sent� aux 156 d�l�gu�s du Comit�
central: contraint et forc� de consacrer une partie importante de son
dernier rapport aux questions financi�res, le pasteur Konrad Raiser a pu,
cette ann�e, consacrer l essentiel de son propos aux activit�s du
Conseil.
Si le ton de son rapport s est voulu moins alarmiste que l an pass�, les
probl�mes budg�taires n ont pas pour autant disparu des pr�occupations
du secr�taire g�n�ral du COE. L alarme ayant �t� donn�e, il restait � agir
rapidement. Et il faut continuer d agir. Une seule exigence demeure: que
les crit�res financiers ne conditionnent pas � eux-seuls les r�formes des
structures qui doivent s en tenir, pour l essentiel, aux conclusions du
processus de r�flexion "CVC".
A l inverse, ces r�formes n emp�cheront pas que des mesures
drastiques soient prises en mati�re financi�re. Avis aux mauvais
payeurs: dor�navant, les trop nombreuses Eglises - pr�s de la moiti� -
qui ne s acquittent pas de leur cotisation au COE se feront rappeler �
l ordre et risquent de se voir priver des subventions que certaines
d entre elles sont susceptibles de recevoir, notamment dans le cadre de
leur participation aux Assembl�es. Le secr�taire g�n�ral a eu beau jeu
de rappeler que le Conseil a d autant plus besoin du fruit de ces
cotisations que, de l avis m�me de ses Eglises membres, celui-ci doit
rester un organisme vivant et fort. Dans une r�cente interview accord�e
� l agence de presse oecum�nique ENI, le pasteur Konrad Raiser avait
insist� sur le fait que "de nombreuses voix s �l�vent pour dire que nous
avons besoin d un COE fort, et que nous ne devons pas couper ses
activit�s, ni d�placer un trop grand nombre de celles-ci dans le cadre
de la coop�ration avec ses partenaires. Des pressions s exercent pour
que le COE maintienne sa viabilit�. La question qui se pose est celle
de la source de cette force".A la veille du XXIe si�cle, c'est dans l'acte
de renouvellement de l engagement des Eglises dans le mouvement
oecum�nique que le COE puisera l'essentiel de ses forces. Un XXIe
si�cle qui, aux yeux de Konrad Raiser, ne s annonce pas forc�ment
sous les meilleurs augures tant le processus de mondialisation - qui
devrait pourtant rimer avec communion - s av�re impitoyable: "La
mondialisation des march�s en tant qu objectif supplante de plus en plus
la recherche d un ordre viable pour la communaut� mondiale. Les effets
dramatiques et destructeurs de cette politique s offrent � nos regards
(...), creusant ainsi le foss� entre riches et pauvres (...), cr�ant une
situation de marginalisation, d exclusion et de d�sint�gration sociales." Il
va de soi que le COE ne doit pas se contenter d observer, pour le
critiquer, cet �tat de fait: "il doit accepter le d�fi qui lui est lanc� de
formuler et d incarner une conception et une vision autres de cette
mondialisation (...) L �p�tre aux H�breux parle de l oikoumene � venir,
sugg�rant par l� que l Evangile du r�gne de Dieu qui vient suppose qu il y
a une vision autre de l oikoumene, une vision autre de la r�alit� mondiale."
Cette attention particuli�re � la mondialisation se retrouve dans les
pr�occupations des unit�s qui comptent l'int�grer davantage dans leur
r�flexion.
Concernant l'actualit�, le Comit� central a adopt� quatre d�clarations
portant sur la situation au Nig�ria, au Soudan, en Irak et en Sierra L�one.
Il a ainsi approuv� une s�rie de recommandations dans lesquelles il invite
le gouvernement du Nig�ria � respecter les r�sultats des �lections
pr�sidentielles de juin 1993, qui avaient amen� la victoire de Moshood
Abiola, et � concr�tiser son intention de r�tablir un r�gime civil. A la suite
des pol�miques qui se sont instaur�es sur le r�le des compagnies
p�troli�res au Nig�ria, le Comit� central accueille par ailleurs avec
satisfaction le dialogue instaur� entre la Shell et le COE et demande �
celle-ci de dialoguer directement avec les Eglises du Nig�ria, en dehors
de toute contrainte exerc�e par le gouvernement. Le COE prie
instamment toutes les compagnies p�troli�res internationales op�rant
dans le pays de reconsid�rer leurs activit�s sous l'angle de leurs
cons�quences �cologiques et sociales.
Au cours de la m�me s�ance, tenue mercredi 17, le Comit� central a par
ailleurs adopt� un projet de d�claration sur les initiatives de paix des
dirigeants d'Eglises du Soudan. Dans cette d�claration, le Comit� central
se r�jouit de la d�cision des Eglises du Sud et du Nord Soudan d'engager
des initiatives particuli�res en vue de r�tablir la paix et de promouvoir un
dialogue entre les factions arm�es du Sud, et entre celles-ci et le
gouvernement soudanais. Il attire l'attention sur les principes mis en
avant par ces Eglises: libert� d'expression, de culte et de t�moignage,
possibilit�s ouvertes � tous de participer � la vie politique, sociale et
�conomique du pays, acceptation par tous de la diversit� culturelle et
linguistique. Le COE enregistre avec satisfaction le d�claration conjointe
des responsables d'Eglises du Soudan publi�e au lendemain de la
signature de l'Accord de paix de Khartoum, en avril dernier, par le
gouvernement soudanais et la direction du SSIM, mouvement d'opposition
qui milite en faveur de l'ind�pendance du Sud du Soudan. Mais il
s'inqui�te en m�me temps, qu'avant m�me l'ouverture d'un r�el dialogue,
le chef du SSIM ait accept� une charge minist�rielle au sein du
gouvernement soudanais, "risquant par l� m�me de ruiner la possibilit�
d'un ralliement de toutes les parties en cause dans l'accord d'avril 1997".
Le Comit� central a �galement adopt� une d�claration relative aux
sanctions �conomiques qui frappent encore aujourd'hui l'Irak. Tout en se
r�jouissant que la r�solution "P�trole contre nourriture" - adopt�e en
1995 par le Conseil de s�curit� - ait �t� enfin appliqu�e cette ann�e, les
d�l�gu�s r�unis � Gen�ve ont vivement d�plor� la situation �conomique
impos�e � l'Irak depuis la fin de la guerre du Golfe. A la demande du
Comit� central, une d�l�gation du COE se rendra prochainement en Irak
pour y rencontrer les Eglises et �valuer avec elles les mesures �
envisager dans les mois � venir.
C'est � la demande du Comit� central lui-m�me que le Comit� des
questions d'actualit� a soumis � ses suffrages une d�claration sur la
Sierra Leone qui conna�t une situation de violence depuis qu'un coup
d'Etat sanglant a renvers� le gouvernement d'Alhaji Ahmed Tejan
Kabbah, pourtant �lu d�mocratiquement en mars 1996. Le Comit� central
"rend gr�ce � Dieu des efforts courageux et infatigables des Eglises de
Sierra Leone et du Conseil interreligieux de ce pays pour servir de
m�diateurs et encourager un dialogue constructif en faveur de la paix".
Le Comit� central soutient �galement "les efforts en faveur de la paix
entrepris par les Eglises, dans le cadre de l'Association des Conseils
chr�tiens d'Afrique de l'Ouest". A sa demande, une �quipe du COE devra
se rendre prochainement sur place pour encourager toutes les initiatives
susceptibles d'�tre prises en faveur du r�tablissement de la paix et de la
d�mocratie.
Comme chaque ann�e, le Comite central a consacr� une part importante
de ses travaux � l'�valuation des activit�s du Conseil et des diff�rents
programmes en charge des unit�s. La D�cennie des Eglises solidaires
des femmes et le programme Th�ologie de la vie ont fait l'objet d'une
�valuation particuli�re. Une s�ance consacr�e au culte et � la spiritualit�
s'est tenue avec la pr�sence �mouvante de la figure de Jean Vanier qui
avait contribu� � sensibiliser le Conseil sur ces questions lors de sa
venue � l'Assembl�e de Vancouver, en 1983. Pour plus de d�tails, on
peut se reporter aux pr�c�dents communiqu�s.
**********
Le Conseil oecum�nique des Eglises (COE) est une communaut� de 330
Eglises. Elles sont r�parties dans plus de 100 pays sur tous les
continents et repr�sentent pratiquement toutes les traditions chr�tiennes.
L'Eglise catholique romaine n'est pas membre mais elle collabore
activement avec le COE. La plus haute instance dirigeante du COE est
l'Assembl�e, qui se r�unit environ tous les 7 ans. Le COE a �t� form�
officiellement en 1948 � Amsterdam, aux Pays-Bas. Le secr�taire
g�n�ral Konrad Raiser, de l'Eglise �vang�lique d'Allemagne, est � la t�te
du personnel de l'organisation.
Conseil oecum�nique des Eglises
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