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D�l�gation du COE en Iraq
From
Sheila MESA <[email protected]>
Date
30 Jan 1998 07:19:45
Conseil oecum�nique des Eglises
Communiqu� de presse
Pour publication imm�diate
Le 30 janvier 1998
DE RETOUR D UNE MISSION EN IRAQ, UNE DELEGATION DU COE
PRONONCE UNE MISE EN GARDE CONTRE UNE NOUVELLE
INTERVENTION MILITAIRE
Les sept membres de la d�l�gation du Conseil oecum�nique des Eglises
(COE), qui viennent de rentrer d une semaine de mission en Iraq, ont
prononc� une mise en garde contre une nouvelle intervention militaire et
appel� � un r�examen attentif de l actuel r�gime des sanctions impos�es
par l ONU.
Dans le rapport qu elle a remis au pasteur Konrad Raiser, secr�taire
g�n�ral du COE, la d�l�gation recommande avec force que les Eglises �
travers le monde accomplissent des d�marches aupr�s de leurs
gouvernements respectifs, pour marquer leur opposition aux menaces
de frappes militaires visant � contraindre l Iraq � se plier aux exigences
du Conseil de s�curit� de l ONU.
Exposant les pr�occupations des chr�tiens iraquiens, le rapport indique
que pareille d�cision ne ferait qu accro�tre les souffrances d une
population impuissante, prise entre deux feux. Il indique en outre que les
Eglises d Iraq appellent les chr�tiens du monde entier � se joindre � leurs
pri�res en faveur d un r�glement non violent de la crise actuelle.
Le rapport poursuit en affirmant que les pr�sentes sanctions violent
gravement les droits fondamentaux de vastes secteurs de la population
iraquienne, niant les droits des habitants � se nourrir, � se v�tir, � se
loger et � se soigner correctement, � b�n�ficier de services sociaux et �
acc�der � l emploi.
La visite de l �quipe oecum�nique aupr�s des Eglises d Iraq et d autres
victimes des sanctions a eu lieu du 18 au 25 janvier 1998. Elle faisait
suite � une demande formul�e en septembre dernier par le Comit� central
du COE qui souhaitait qu une �tude soit men�e sur la situation en Iraq, �
la lumi�re des lignes directrices sur l application des sanctions qu il avait
adopt�es en 1995.
Le rapport int�gral de cette visite sera pr�sent� au Comit� ex�cutif du
COE � sa prochaine session qui aura lieu � Gen�ve du 17 au 20 f�vrier
prochain. Voici quelques-unes de ses conclusions:
- Le niveau de sant� et de salubrit� dans le pays a atteint un seuil
critique. On observe une tr�s forte augmentation de la mortalit�, de la
morbidit� et de la malnutrition, surtout chez les enfants et chez d autres
personnes vuln�rables. En raison de l application des sanctions, il a �t�
impossible de r�parer l infrastructure de base d�truite en 1991 pendant la
guerre du Golfe. Les autorit�s n ont pas non plus pu assurer la salubrit�
publique: syst�mes d approvisionnement en eau propre, hygi�ne publique
et �nergie �lectrique. Si on ajoute � cela la d�t�rioration des
�tablissements scolaires et hospitaliers et des autres �quipements
sanitaires, et la d�gradation des terres agricoles, des ressources
humaines et de l �conomie en g�n�ral, tout concourt � construire un bien
triste sc�nario.
- Ces probl�mes sont dus principalement aux sept ann�es de sanctions
impos�es par l ONU et dont le plan "p�trole contre nourriture" conc�d�
par le Conseil de s�curit� n a gu�re contribu� � corriger les effets
destructeurs.
- Faute d objectif clair, de buts d�finis et convenus et faute d une
application coh�rente, les sanctions n ont eu d autre r�sultat que la
souffrance des gens ordinaires. Loin de saper le soutien populaire au
r�gime en place, les sanctions ont galvanis� la population qui est
farouchement oppos�e � une intervention �trang�re, et renforc� les liens
entre les diverses communaut�s ethniques et religieuses.
- Les sanctions ont aussi �t� tr�s pr�judiciables � la petite minorit�
chr�tienne, notamment � son t�moignage et � son minist�re. Cette
communaut� a d�sormais beaucoup de mal � se financer et voit ses
effectifs fondre, de plus en plus de chr�tiens �migrant pour fuir les
difficult�s �conomiques. Les Eglises ont le sentiment d �tre abandonn�es
par la communaut� chr�tienne mondiale et se sentent tr�s isol�es en
raison des restrictions qui p�sent sur les d�placements internationaux et
sur les autres formes de communication.
Bien inform�e avant son d�part par les partenaires oecum�niques et par
la lecture des rapports de l ONU et d autres institutions humanitaires, la
d�l�gation n a pas �t� surprise de l effet des sanctions sur la population
de l Iraq. Elle a n�anmoins �t� alarm�e de l aggravation de la situation au
cours des derniers mois et de l �tendue de la souffrance humaine qu elle
a observ�e.
Pendant leur visite, les membres de la d�l�gation ont sillonn� tout le pays,
s entretenant avec des repr�sentants d Eglise, des prestataires de
services sanitaires et sociaux, et des citoyens ordinaires, surtout des
jeunes et des enfants. Ils ont fait part de leurs constatations � des
collaborateurs d institutions des Nations Unies et d organisations
humanitaires internationales priv�es pr�sentes dans le pays, qui les ont
confirm�es. Leurs avis correspondaient aussi � ceux des hauts
fonctionnaires iraquiens, dont le vice-premier ministre Tareq Aziz avec
qui ils ont eu de longs entretiens.
Le groupe a recommand� que l on attire une nouvelle fois l attention des
Eglises sur les lignes directrices et les crit�res concernant la prise des
d�cisions sur les sanctions, adopt�es par le Comit� central du COE en
1995. Le document soulignait que "les sanctions sont, par d�finition,
coercitives et qu elles infligent souvent des souffrances suppl�mentaires
aux populations des pays vis�s, et notamment aux plus innocents, par
exemple les enfants". Les lignes directrices indiquaient �galement ceci:
"Les Eglises peuvent jouer un r�le conciliateur, non seulement en
pr�conisant des politiques pacifiques mais encore en proposant leur
collaboration pour des enqu�tes, des tentatives de m�diation ou de
conciliation. Dans la mesure du possible, il convient d offrir des
encouragements et d op�rer par la persuasion pour �viter l escalade des
conflits."
Membres de la d�l�gation:
Le m�tropolite Gregorios Yohanna Ibrahim, archev�que d Alep, membre
du Comit� central du COE, Patriarcat orthodoxe syrien d Antioche et de
tout l Orient.
M. Josh Arnold-Forster, consultant en politique internationale, Eglise
d Angleterre.
Mme Josephine Ajema Odera, professeur, Institute of Diplomacy and
International Studies, Universit� de Nairobi, Eglise anglicane, Kenya.
Mme Leila Richard, m�decin, Eglise �piscopale, Etats-Unis.
M. Stein Villumstad, directeur int�rimaire des programmes d aide
internationale, Norwegian Church Aid, Eglise de Norv�ge.
Mme Salpy Eskidjian, membre du personnel du COE, Commission des
Eglises pour les affaires internationales (CEAI), Eglise arm�nienne
apostolique, Chypre.
M. Clement John, membre du personnel du COE, CEAI, Eglise du Pakistan.
Collaborateurs du Conseil des Eglises du Moyen-Orient (CEMO)
accompagnant la d�l�gation:
M. Mike Nahal, Eglise grecque-orthodoxe d Antioche au Liban.
M. Peter Makari, Eglise presbyt�rienne (Etats-Unis).
M. Clement John donne des interviews.
**********
Le Conseil oecum�nique des Eglises (COE) est une communaut� de 330
Eglises. Elles sont r�parties dans plus de 100 pays sur tous les
continents et repr�sentent pratiquement toutes les traditions chr�tiennes.
L'Eglise catholique romaine n'est pas membre mais elle collabore
activement avec le COE. La plus haute instance dirigeante du COE est
l'Assembl�e, qui se r�unit environ tous les 7 ans. Le COE a �t� form�
officiellement en 1948 � Amsterdam, aux Pays-Bas. Le secr�taire
g�n�ral Konrad Raiser, de l'Eglise �vang�lique d'Allemagne, est � la t�te
du personnel de l'organisation.
Conseil oecum�nique des Eglises
Bureau de l'information
Tel: (41.22) 791.61.52/51
Fax: (41.22) 798.13.46
E-Mail: [email protected]
http://www.wcc-coe.org
Case postale 2100
CH-1211 Gen�ve 2
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