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DES RESP. OEC. ANALYSENT LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE FROIDE EN AFRIQUE


From Beno�t Zimmermann <[email protected]>
Date 01 Sep 1999 08:28:10

Conseil oecum�nique des Eglises
Communiqu� de presse
Pour publication imm�diate
Le 1er septembre 1999

COMITE CENTRAL No. 15

DES RESPONSABLES OECUMENIQUES ANALYSENT LES CONSEQUENCES DE LA GUERRE FROIDE EN AFRIQUE

"Jusqu'� la chute du mur de Berlin, la vie politique sur le continent africain a �t� fortement influenc�e par la guerre froide entre les superpuissances". C'est ce qu'a d�clar� Sam Kobia, directeur k�nyen du Secteur "�tude et action" du Conseil oecum�nique des Eglises (COE), � l'occasion d'une s�ance d'information destin�e � la presse qui traitait des cons�quences de la guerre froide sur la vie politique de l'Afrique. "C'est pendant les luttes d'ind�pendance des peuples qui cherchaient � se lib�rer des r�gimes coloniaux que la rivalit� entre ces puissances est devenue particuli�rement flagrante. Elle a emp�ch� les pays d'instaurer des modes de gouvernement qui soient conformes � leurs traditions et � leurs v�ritables int�r�ts. L'ind�pendance a �t� con�ue de mani�re � servir les int�r�ts de l'Est et de l'Ouest", a-t-il affirm� aux journalistes, venus pour la session du Comit� central du COE qui a lieu � Gen�ve du 26 ao�t au 3 septembre.  

Sam Kobia a estim� aussi qu'� cette �poque-l� les superpuissances n'avaient aucun int�r�t � voir s'instaurer en Afrique des gouvernements d�mocratiques. "Il est plus facile de contr�ler des peuples sous une dictature. A cette �poque, ceux qui se battaient pour la d�mocratie �taient tax�s de "communisme'. Ainsi s'est cr��e une culture de la dictature qui continue d'exercer une influence dans nos pays. Apr�s 30 ou 40 ans d'ind�pendance, on constate que, dans la plupart des pays africains, les mouvements associatifs sont quasiment inexistants", a-t-il ajout�. Pour Sam Kobia, il est �galement pr�occupant de voir que la politique d'intervention �trang�re qui a pr�valu durant la guerre froide continue de jouer un r�le dans les guerres civiles qui aujourd'hui encore d�chirent le continent. S'il a relev� que des conflits comme ceux de la Sierra Leone et du Lib�ria sont financ�s localement, il a soulign� le terrible risque de d�stabilisation politique qui existe dans plusieurs pays africains.  

Pour Clement Janda, secr�taire g�n�ral de la Conf�rence des Eglises de toute l'Afrique (CETA) depuis 1997, la guerre qui bouleverse le sud du Soudan s'explique aussi par la d�fense d'int�r�ts qui n'ont pas grand chose � voir avec la population soudanaise. Deux millions de personnes environ ont �t� tu�es dans ce conflit qui dure depuis pr�s de 40 ans, et l'opinion publique internationale ne semble pas se rendre compte de ce qui est en train de se passer dans ce pays. La question qu'il faudrait se poser, a d�clar� M. Janda, est celle de savoir � qui la fin de cette guerre profiterait. "L�-bas, l'enjeu est l'acc�s � des minerais importants comme l'or et l'uranium et � un bien plus pr�cieux encore: l'eau du Nil".  

Quoi qu'il en soit, pour les deux leaders oecum�niques africains, il faut garder espoir car on d�c�le des signes de changement importants dans la situation politique du continent. Tous deux ont reconnu que la d�mocratisation en Afrique du Sud et le leadership de Nelson Mandela avaient �t� d'une importance capitale pour toute la r�gion. "Du Ghana jusqu'au sud du continent, il y a des gouvernements d�mocratiques qui accomplissent des progr�s int�ressants. Ces pays comptent d'importantes �lites intellectuelles form�es dans les meilleures universit�s am�ricaines et europ�ennes et qui sont pr�tes � travailler pour leurs pays et pour une d�mocratie qui prenne en compte les valeurs africaines" a expliqu� M. Kobia.  

Tous deux pensent aussi que le mouvement oecum�nique continuera de jouer un r�le important dans la r�gion. "Pendant la Huiti�me Assembl�e du COE � Harare, en d�cembre dernier, M. Mandela en personne a remerci� le COE de son soutien � l'Afrique du Sud", a indiqu� Sam Kobia. A cette occasion, le pr�sident Mandela avait aussi demand� au COE d'appuyer la d�mocratisation sur le continent. "Plusieurs pays africains traversent actuellement une phase int�ressante de reconstruction. Le mouvement oecum�nique est au coeur de cette entreprise � laquelle participent tr�s activement les Eglises par le biais de leurs structures oecum�niques. Nous ne pensons pas �tre loin de l'id�al panafricain de leaders comme Kenyatta", a d�clar� M. Kobia en guise de conclusion.  

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Le Conseil oecum�nique des Eglises (COE) est une communaut� de 336 Eglises. Elles sont r�parties dans plus de 100 pays sur tous les continents et repr�sentent pratiquement toutes les traditions chr�tiennes. L'Eglise catholique romaine n'est pas membre mais elle collabore activement avec le COE. La plus haute instance dirigeante du COE est l'Assembl�e, qui se r�unit environ tous les 7 ans. Le COE a �t� form� officiellement en 1948 � Amsterdam, aux Pays-Bas. Le secr�taire g�n�ral Konrad Raiser, de l'Eglise �vang�lique d'Allemagne, est � la t�te du personnel de l'organisation.  

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