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COE: R�flexions sur la recherche d'une date commune de P�ques
From
[email protected]
Date
09 Apr 2001 00:43:03
Conseil oecum�nique des Eglises
Document
Pour publication imm�diate
le 9 avril 2001
R�flexions sur la recherche d'une date commune de P�ques
Cette ann�e, les chr�tiens d'Orient et d'Occident f�tent P�ques/Pascha le m�me jour, � savoir le 15 avril - un beau cadeau pour le d�but du nouveau mill�naire, les chr�tiennes et les chr�tiens du monde entier sont d'accord l�-dessus.
La foi commune en la r�surrection unit les chr�tiens d'Orient et d'Occident ; souvent, cependant, les dates diff�rentes auxquelles ils c�l�brent P�ques les s�parent. La raison de cette diff�rence tient au fait qu'ils suivent deux calendriers diff�rents : le calendrier gr�gorien, qui remonte au 16e si�cle, principalement utilis� par les Eglises occidentales, et le calendrier julien, plus ancien, qui sert de base avant tout aux Eglises orthodoxes pour fixer la date de P�ques. A l'heure actuelle, le calendrier julien a treize jours de diff�rence avec le calendrier gr�gorien ; en 2100, la diff�rence sera de 14 jours.
Pr�cis�ment dans les r�gions o� les chr�tiens des traditions d'Orient et d'Occident se c�toient tous les jours et, dans bien des cas, constituent une minorit� religieuse, cette situation de diff�rence est ressentie comme particuli�rement douloureuse.
Le colloque tenu � Alep (Syrie) en mars 1997 sous les auspices du COE et du Conseil des Eglises du Moyen-Orient dans le but de progresser vers l'�tablissement d'une date commune de P�ques constitue sans nul doute un jalon marquant dans les efforts faits pour aplanir les obstacles existants. Dans ce contexte, il est important qu'on ait reconnu que les diff�rences dans les m�thodes de calcul de la date de P�ques n'�taient pas dues � des divergences th�ologiques fondamentales.
En outre, le colloque a formul� plusieurs recommandations en vue de parvenir � une date commune de P�ques. Ainsi par exemple, on devrait s'en tenir � la m�thode de calcul reconnue par les Eglises d'Orient et d'Occident, fix�e par le Concile de Nic�e en 325. Selon cette m�thode, on f�te P�ques le dimanche qui suit la premi�re pleine lune de printemps. Toujours selon ces recommandations, on devrait calculer les donn�es astronomiques relatives � l'�quinoxe de printemps � par les moyens scientifiques les plus exacts possibles �. Pour cela, on prendra comme base de calcul � le m�ridien de J�rusalem, lieu de la mort et de la r�surrection de J�sus �. Mais cela signifie un changement tant pour l'Orient que pour l'Occident, puisque les deux calendriers sont impr�cis du point de vue astronomique. Pour les Eglises qui utilisent le calendrier gr�gorien, un �cart de date interviendrait pour la premi�re fois en 2019 : sur la base du calcul purement scientifique, P�ques tomberait alors le 24!
mars, alors que le calendrier gr�gorien fixerait la date au 21 avril et le julien au 28 avril.
Le colloque d'Alep a vu dans la co�ncidence des deux dates de P�ques au d�but du nouveau mill�naire une chance de reprendre et d'intensifier la recherche d'une date commune. � F�ter P�ques/Pascha � la m�me date ne devrait plus �tre l'exception, mais la r�gle. � C'est pourquoi il a �t� sugg�r� d'examiner, en 2001, les r�actions � la proposition d'Alep.
Jusqu'o� les Eglises sont-elles all�es sur la voie propos�e � Alep ? L'�quipe � Information � du COE a invit� d'�minents repr�sentants des traditions orthodoxe et catholique romaine, ainsi qu'une personnalit� protestante, � r�sumer bri�vement leurs r�flexions sur une date commune de P�ques.
Madame Dagmar Heller, pasteur, est l'auteur du premier texte. Elle est responsable des questions de mission et d'oecum�nisme en Bade du Nord, au sein de l'Eglise �vang�lique du Bade, Allemagne. Mme Heller �tait jusqu'� une p�riode r�cente membre de l'�quipe � Foi et constitution � du COE, et elle a organis� et suivi le processus de discussion sur la question de la date commune de P�ques. Son Eminence le m�tropolite Bishoy de Damiette, de l'Eglise orthodoxe copte, Egypte, expose un point de vue de la tradition orthodoxe orientale non chalc�donienne. Monseigneur John A. Radano, du Conseil pontifical pour l'unit� des chr�tiens, pr�sente � Les attentes des catholiques concernant une date commune de P�ques �. Son Eminence le m�tropolite Ambrosius d'Oulu parle des exp�riences d'une Eglise orthodoxe minoritaire dans un pays protestant, la Finlande, o� � orthodoxes et luth�riens font l'exp�rience de la r�surrection � P�ques qu'ils c�l�brent ensemble depuis le d�but des ann�es 20 �.
C�l�brer P�ques ensemble
Mme Dagmar Heller, pasteur, Eglise �vang�lique d'Allemagne
P�ques est c�l�br� le premier dimanche suivant la premi�re pleine lune post�rieure � l'�quinoxe de mars. Cette ancienne r�gle, qui remonte au 4e si�cle, est observ�e par toutes les Eglises du monde. Ce que l'on sait g�n�ralement moins, notamment dans les r�gions en majorit� protestantes ou catholiques romaines, c'est que dans la chr�tient�, P�ques est normalement c�l�br� deux fois, selon que l'on se r�f�re � l'ancien calendrier julien ou au gr�gorien pour d�terminer la date de l'�quinoxe de printemps, et donc de la pleine lune qui le suit.
Le fait qu'en 2001, premi�re ann�e du troisi�me mill�naire, les deux dates co�ncident a fait esp�rer que l'on pourrait saisir cette occasion pour d�cider de c�l�brer chaque ann�e � la m�me date cet �v�nement central de notre foi chr�tienne. Mais en m�me temps, les r�centes discussions qui ont eu lieu au sein du mouvement oecum�nique montrent qu'il ne faut pas s'attendre � ce que les Eglises prennent une d�cision dans ce sens dans un avenir proche, bien que la question soit d�j� d�battue depuis un certain temps et qu'une solution a �t� propos�e.
Cette proposition pr�sente l'avantage de demander aux deux traditions d'op�rer un changement, sans imposer la solution de l'une � l'autre. Elle sugg�re aux Eglises de se r�f�rer ni au calendrier julien ni au calendrier gr�gorien pour calculer la date de l'�quinoxe de printemps et de la pleine lune, mais aux donn�es astronomiques exactes dont on dispose actuellement, contrairement � ce qui �tait le cas aux �poques o� les calendriers traditionnels ont �t� �labor�s. Le probl�me de cette proposition, c'est qu'elle entra�ne un changement plus consid�rable pour les Eglises qui utilisent le calendrier julien, �tant donn� que le gr�gorien est d�j� beaucoup plus proche de la constellation astronomique exacte.
Tout changement implique des probl�mes pratiques, mais la situation se complique par le fait que, dans l'esprit de certains orthodoxes, le calendrier est si �troitement li� � la tradition que tout changement est impensable. Il ne faut pas oublier non plus l'existence, en arri�re-plan, du traumatisme caus� � l'Est par certaines attitudes occidentales historiques, qui se traduit par une m�fiance profond�ment enracin�e � l'�gard de tout ce qui vient de l'Ouest. Bien que cette proposition ait �t� formul�e dans le cadre d'une r�union panorthodoxe, le fait qu'elle n'entra�ne que peu de changement pour les Eglises occidentales donne l'impression, � premi�re vue, qu'elle revient � adopter le calendrier gr�gorien. C'est pourquoi les Eglises orthodoxes ont affirm� tr�s clairement qu'elles auraient besoin de beaucoup de temps pour pr�parer leurs fid�les � accepter cette modification.
Il appara�t donc que bien que la question de la date de P�ques soit purement pratique, dans la situation actuelle, certaines Eglises ne peuvent pas envisager de changement sans courir le risque d'un schisme.
Il faut donc que les personnes participant � cette discussion fasse preuve de beaucoup de patience. Il me semble pourtant que les vingt ann�es � venir nous offrent une chance de poursuivre ces efforts, puisque au cours de cette p�riode les deux dates de P�ques co�ncideront � plusieurs reprises, soit en 2004, 2007, 2010, 2011, 2014 et 2017. Les Eglises ne pourraient-elles pas y voir le kairos favorable � l'adoption d'une date commune? Si la proposition mentionn�e plus haut n'est pas applicable, ne pourrait-on pas envisager des solutions r�gionales? Les Eglises occidentales ne pourraient-elles pas, comme l'a sugg�r� un groupe autrichien, accepter, au nom de l'unit�, la date du calendrier julien?
De nombreuses Eglises, tant occidentales qu'orthodoxes orientales non chalc�doniennes se sont d�clar�es dispos�es � accepter la proposition susmentionn�e, pour autant que toutes les autres l'acceptent aussi. Les Eglises occidentales ont ainsi fait un pas en direction des orthodoxes en acceptant de maintenir l'ancienne r�gle, tandis que lors de discussions ant�rieures elles avaient �voqu� une troisi�me voie - ce qui serait revenu � adopter une troisi�me date - consistant � fixer P�ques sur un dimanche d'avril, toujours le m�me.
On voit ainsi que les attitudes changent et que les Eglises peuvent se rapprocher les unes des autres. C'est pourquoi il faut poursuivre la discussion sur la date de P�ques, en continuant � esp�rer trouver une solution.
Le fait que, cette ann�e, P�ques soit c�l�br� � la m�me date a soulev� un certain int�r�t pour la question dans les Eglises occidentales, comme je le constate en Allemagne, dans le milieu qui est le mien. Le Conseil national des Eglises d'Allemagne a propos� de c�l�brer des v�pres communes � P�ques et de nombreuses Eglises encouragent leurs paroisses � marquer cet �v�nement d'une mani�re ou d'une autre. C'est l� un signe d'espoir, qui montrent que les gens ont compris combien il importe que les chr�tiens c�l�brent ensemble la f�te qui est au coeur de leur foi s'ils veulent donner au monde un t�moignage cr�dible de celle-ci, � une �poque o� ils se trouvent toujours plus en situation de minorit� dans des soci�t�s s�cularis�es.
Prier et oeuvrer pour une date commune de P�ques : approcher l'imp�ratif de l'unit� chr�tienne
Le m�tropolite Bishoy de Damiette, Eglise orthodoxe copte
A l'aube du troisi�me mill�naire de la naissance de notre Seigneur J�sus Christ, en cette ann�e 2001, toutes les traditions chr�tiennes - orthodoxes orientales non chalc�doniennes et orthodoxes chalc�doniennes, catholique romaine et protestantes - c�l�breront P�ques en m�me temps.
Comme J�sus Christ est le chemin et la v�rit� et la vie, il est au centre de l'unit� de l'Eglise.
Au 4e si�cle, les Eglises priaient et oeuvraient pour une date commune de P�ques. Or, en m�me temps, des divisions se firent jour en raison de divergences sur la divinit� du Seigneur J�sus Christ et sa consubstantialit� avec le P�re. C'est � ce moment crucial, lors du premier Concile oecum�nique, que fut formul� le symbole de Nic�e-Constantinople qui confesse que J�sus Christ est homo-ousion avec le P�re, c'est-�-dire de m�me essence que lui, consubstantiel et co-�ternel avec lui. Et c'est � ce m�me Concile de Nic�e que furent d�finis � la fois un symbole chr�tien commun et une date commune de P�ques. L'Eglise d'Alexandrie fut charg�e de d�terminer chaque ann�e la date commune de P�ques sur des bases convenues, et d'en informer toutes les Eglises � travers le monde.
D'un point de vue tant historique que th�ologique, nous pouvons affirmer que la personne de la Parole de Dieu incarn�e est la cause de l'unit� de l'Eglise. Le Seigneur ressuscit� est toujours source d'inspiration et de renouveau dans nos vies.
Lorsqu'approcha le temps de sa passion, notre Seigneur dit � Ses disciples : � Voici que l'heure vient, et maintenant elle est l�, o� vous serez dispers�s, chacun allant de son c�t�, et vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, le P�re est avec moi. � (Jean 16, 32). � C'est ainsi que vous �tes maintenant dans l'affliction ; mais je vous verrai � nouveau, votre coeur alors se r�jouira, et cette joie, nul ne vous la ravira. � (Jean 16, 22)
Les disciples dispers�s furent � nouveau r�unis autour du Seigneur ressuscit� le jour de P�ques lorsqu'il leur apparut comme il �tait : � Le soir de ce m�me jour qui �tait le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison o� se trouvaient les disciples �taient verrouill�es, J�sus vint, il se tint au milieu d'eux et il leur dit : 'La paix soit avec vous.' Tout en parlant, il leur montra ses mains et son c�t�. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout � la joie. � (Jean 20, 19-20)
A l'�vidence, la r�surrection du Seigneur op�ra un changement radical dans la vie de ses disciples. Le Seigneur ressuscit� est la source du pouvoir, de la joie, de la paix et de l'unit� de l'Eglise. La seule chose dont nous ayons besoin, c'est d'�tre unis � lui dans la sainte vie de la victoire sur le p�ch�.
Tout ce dont nous avons besoin, c'est de nous oublier nous-m�mes et de voir le Seigneur ressuscit� qui brille de sa gloire divine et illumine nos pens�es et nos coeurs.
Tout ce dont nous avons besoin, c'est d'accepter son amour divin afin de nous aimer les uns les autres et d'�tre unis � lui.
C'est la vie de sanctification qui nous r�unira pour que nous puissions nous r�jouir et confesser ensemble la foi une, sainte et apostolique.
C�l�brer ensemble la r�demption en Christ:
Les attentes des catholiques concernant une date commune de P�ques
Monseigneur John A. Radano, Conseil pontifical pour l'unit� des chr�tiens
En 2001, contrairement � ce qui se passe la plupart du temps, les chr�tiens occidentaux et orthodoxes c�l�breront P�ques � la m�me date. Malheureusement, une telle co�ncidence demeure une exception, qui nous rappelle que les chr�tiens ont des vues divergentes sur de nombreuses questions, y compris la date de la c�l�bration de ce myst�re central de leur foi.
Tr�s t�t d�j�, les chr�tiens ont �voqu� la possibilit� de fixer une date commune pour la c�l�bration de P�ques. La question est revenue � l'ordre du jour au 20e si�cle, et surtout pendant ces trois derni�res d�cennies. Le d�sir des chr�tiens de fixer une date commune est motiv� essentiellement par des pr�occupations th�ologiques. Comme on l'a d�clar� lors d'un colloque du Conseil *cum�nique des Eglises (COE) en 1970, �une date commune [...] �liminerait un obstacle � l'unit� des chr�tiens et apporterait une nouvelle dimension au t�moignage commun du Seigneur ressuscit� (The Ecumenical Review, avril, 1971, 177).
Depuis le Concile Vatican II notamment, l'Eglise catholique romaine manifeste un vif int�r�t pour la d�termination d'une date commune de P�ques. Le Concile a encourag� la recherche d'une telle date, pour autant qu'il y ait un accord oecum�nique sur l'opportunit� de le faire (cf. annexe � la Constitution de la sainte liturgie, 1963). En attendant, le D�cret sur les Eglises orientales catholiques a autoris� les patriarches ou les autorit�s eccl�siastiques d'un lieu donn� � rechercher un accord sur un dimanche de P�ques commun, apr�s consultation de tous les milieux int�ress�s.
Apr�s Vatican II, un espoir a �t� suscit� par un �change de correspondance entre le pape Paul VI et le Patriarcat oecum�nique et dans le cadre du Groupe mixte de travail de l'Eglise catholique romaine et du COE. La lettre du pape au patriarche oecum�nique Dimitrios Ier (26 mars 1975) mentionne la dimension �vang�lique de la recherche d'une date commune.
�Il est peut-�tre plus n�cessaire que jamais, dans monde o� nous vivons, que nous t�moignions [...] de notre foi dans la r�surrection de Notre Seigneur J�sus Christ. En outre, sa r�surrection est le fondement m�me de notre foi - cette foi qui est mise en question par tant de gens. Saint Paul n'�crit-il pas que si le Christ n'est pas ressuscit�, notre foi est vaine (1 Co 15,14)? Forts de cette conviction et confiants dans le pouvoir du Christ ressuscit� et de son Esprit, nous exprimons l'espoir qu'en c�l�brant ce myst�re supr�me d'un m�me c*ur et d'une m�me voix, nous pourrons rendre gloire � Dieu, P�re de Notre Seigneur J�sus Christ, qu'il a ressuscit� des morts (Ro 16,6; Col 2, 12).�
Une proposition pr�cise et tenant compte des exigences de l'oecum�nisme a �t� formul�e en 1975 par l'Eglise catholique romaine, d'entente avec le COE. Au nom du pape Paul VI, le cardinal Willebrands, pr�sident du Secr�tariat pour l'unit� des chr�tiens (devenu Conseil pontifical depuis 1988) proposa, dans une lettre au patriarche Dimitrios Ier (18 mai 1975) et � d'autres responsables orthodoxes, ainsi que dans des messages semblables adress�s au pasteur Philip Potter, secr�taire g�n�ral du COE et � d'autres responsables des confessions mondiales, qu'� partir de 1977 (ann�e o� P�ques tombait sur la m�me date pour tous les chr�tiens), �P�ques soit toujours c�l�br� le dimanche suivant le deuxi�me samedi d'avril�. Dans le cadre de la pr�paration de son Assembl�e de 1975 � Nairobi, le COE sonda �galement ses Eglises membres sur cette question. A la suite de cette enqu�te, le COE conclut �qu'au point o� nous en sommes, une proposition sp�cifique ne permettrait pas de trouver une date!
unissant tous les chr�tiens, le m�me jour, dans la c�l�bration de P�ques�. Il �tait donc �vident qu'il n'�tait pas possible d'approfondir cette proposition. Comme l'Eglise catholique romaine ne souhaitait pas prendre une d�cision qui constituerait un nouvel obstacle � l'unit�, il n'a pas �t� donn� suite � son projet.
Une autre proposition en vue d'une date de P�ques commune �mane d'un colloque organis� � Alep, Syrie, en 1997, sous l'�gide du Conseil oecum�nique des Eglises et du Conseil des Eglises du Moyen- Orient. Cette proposition diff�re de celle de 1975 en ce qu'elle vise � c�l�brer P�ques � une date commune, mais mobile. Le cardinal Edward Cassidy, alors pr�sident du Conseil pontifical pour l'unit� des chr�tiens, a recommand� en 1997 que l'on poursuive l'examen de cette proposition, � laquelle il a apport� son soutien.
Comme Paul VI, le pape Jean Paul II s'est d�clar� favorable � une date de P�ques commune. Dans son t�moignage de l'Evangile, le pontife met l'accent sur la r�demption en Christ, comme le manifestent les titres de certaines de ses encycliques: Redemptoris hominis (1979), Redemptoris Mater (1987) et Redemptoris missio (1990). Pour lui, la c�l�bration de la r�demption est li�e � l'oecum�nisme, parce que �nous d�passons les malentendus historiques et les controverses contingentes pour nous rencontrer sur le terrain commun de notre qualit� de chr�tiens, c'est-�-dire de rachet�s. La r�demption nous unit tous dans l'amour unique du Christ, crucifi� et ressuscit� (23 d�cembre 1982).
Le pape s'efforce d'encourager le t�moignage commun du myst�re de la r�demption en Christ. C'est ainsi que, depuis 1974, il a invit� � plusieurs reprises des dignitaires orthodoxes ou protestants a r�diger les m�ditations du Chemin de croix qu'il conduit chaque ann�e dans le Colis�e de Rome, le Vendredi saint. R�cemment, soulignant qu'en 2001 tous les chr�tiens c�l�breront la r�surrection du Christ le m�me jour, il a exprim� l'espoir que �cela nous encourage � parvenir � un accord sur une date commune pour cette f�te� (Hom�lie du 25 janvier 2001).
C'est une gr�ce que de pouvoir c�l�brer P�ques � la m�me date en 2001, et l'Eglise catholique romaine esp�re que les chr�tiens parviendront � le faire chaque ann�e. Puissent les disciples que nous sommes profiter de la chance qui nous est donn�e de contempler ensemble le r�dempteur sur la croix pour lui demander pardon de nos divisions et l'implorer de nous aider � progresser vers l'unit� qu'il a appel�e de ses pri�res (Cf. Jn 17,21).
Le don d'un calendrier commun : vital pour la mission et le t�moignage dans une soci�t� la�que
Le m�tropolite Ambrosius d'Oulu, Eglise orthodoxe de Finlande
C'est un don pr�cieux que Dieu nous a donn� � nous, fid�les des diff�rentes traditions chr�tiennes, que de pouvoir c�l�brer ensemble, au d�but du troisi�me mill�naire chr�tien, la f�te de la r�surrection de notre Seigneur.
Dans mon pays, orthodoxes et luth�riens font l'exp�rience de la puissance de la r�surrection � P�ques que nous c�l�brons ensemble depuis le d�but des ann�e 20. A cette �poque, le Patriarcat oecum�nique de Constantinople nous avait accord� provisoirement � nous, orthodoxes finlandais, la permission de suivre le calendrier gr�gorien.
C'est un grand bienfait pour notre petite Eglise minoritaire dans un pays protestant. Nous avons pu rendre un t�moignage commun au myst�re de la R�surrection. Cela nous rend plus forts. Nous avons part � toutes les richesses de notre patrimoine religieux national qui nous offre sur P�ques des perspectives th�ologiques et spirituelles orientales et occidentales.
La c�l�bration orthodoxe des matines et de la liturgie de P�ques, qui commence � minuit, est diffus�e par la radio-t�l�vision nationale. En Finlande, c'est l'�mission religieuse la plus populaire de l'ann�e.
On en parle aussi beaucoup dans les autres m�dias. La presse nationale publie des articles et des interviews de personnalit�s orthodoxes actives sur la sc�ne culturelle nationale, les interrogeant sur la mani�re dont elles c�l�brent P�ques et sur ce que cela repr�sente pour elles. Les recettes traditionnelles orthodoxes de P�ques ont aussi un tr�s grand succ�s.
Ce ne sont l� que quelques modestes exemples de la mani�re dont la minorit� orthodoxe, qui ne repr�sente qu'un pour cent de la population, a r�ussi � apporter sa pierre � la culture religieuse de la Finlande.
Peut-�tre mieux que jamais dans notre r�gion du monde, nous avons aussi appris ensemble � comprendre comment les deux f�tes, le Vendredi saint et P�ques, la puissance de la croix qui sauve et donne la vie et la glorieuse r�surrection du Christ, ne sauraient �tre s�par�es. L'hymne orthodoxe, d�j� chant� pendant les v�pres du Vendredi saint, lors de la souffrance et de la mort, rayonne de la lumi�re de la r�surrection : � Nous exaltons tes souffrances � Christ ... montre-nous aussi ta glorieuse r�surrection".
Dans mon pays, nous nous r�jouissons d'apprendre qu'aujourd'hui le mouvement oecum�nique fait des efforts consid�rables et prie pour parvenir � un calendrier commun. Nous n'ignorons rien non plus des tensions que cette question suscite entre orthodoxes.
Selon notre exp�rience, le don d'un calendrier commun est vital pour notre mission et notre t�moignage dans une soci�t� la�que. Et en tant que culture minoritaire, les orthodoxes ne peuvent pas se permettre de devenir un ghetto religieux. Nous devons jouer notre r�le, vivre notre vocation au sein de la communaut� nationale.
Le calendrier commun � tous les chr�tiens fait partie int�grante de notre vie quotidienne tout au long de l'ann�e religieuse. Tous les enfants, quelle que soit leur appartenance religieuse, fr�quentent les m�mes �coles. Les grandes f�tes chr�tiennes sont f�ri�es pour tous les Finlandais. C'est dans la vie de famille qu'on appr�cie le mieux la valeur particuli�re de notre � calendrier finlandais � car la plupart des orthodoxes font des mariages mixtes.
C'est un don de l'Esprit que de voir le plus traditionnel des hymes orthodoxes de la R�surrection chant� � l'unisson par nous et par nos soeurs et fr�res luth�riens depuis qu'il a �t� r�cemment ajout� au livre de cantiques finlandais : Christ est ressuscit� des morts, par sa mort il a triomph� de la mort, il nous d�livre du tombeau pour nous donner la vie.
Pour obtenir un compl�ment d'information veuillez consulter le site
http://wcc-coe.org/wcc/what/faith/easter.html ou s'adresser �:
Karin Achtelstetter, Responsable des relations avec les m�dias
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**********
Le Conseil oecum�nique des Eglises (COE) est une communaut� de 342 Eglises. Elles sont r�parties dans plus de 100 pays sur tous les continents et repr�sentent pratiquement toutes les traditions chr�tiennes. L'Eglise catholique romaine n'est pas membre mais elle collabore activement avec le COE. La plus haute instance dirigeante du COE est l'Assembl�e, qui se r�unit environ tous les 7 ans. Le COE a �t� form� officiellement en 1948 � Amsterdam, aux Pays-Bas. Le secr�taire g�n�ral Konrad Raiser, de l'Eglise �vang�lique d'Allemagne, est � la t�te du personnel de l'organisation.
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